« The Future of Fashion Is Circular » écrivait Emily Farra sur Vogue.com en décembre 2019. Le terme de mode circulaire n’est pas nouveau : dès le printemps 2014 Anne Brismar, propriétaire d’une société de conseil suédoise, l’utilisait lors de la planification d’un défilé de mode à Stockholm. Mais qu’est-ce que représente concrètement la mode circulaire aujourd’hui ? Entre slow-fashion, mode durable, mode éthique, mode circulaire, mode éco-responsable comment s’y retrouver ?
Si ces termes fonctionnent conjointement, on peut définir la mode circulaire comme un processus conduisant à utiliser et réutiliser les ressources textiles jusqu’à ce que celles-ci ne soient plus utilisables. Par l’upcycling, la biodégradation ou encore le recyclage par exemple. Ce processus de circularité de la mode est essentiel au sein d’une industrie textile responsable à hauteur de 20 % de la pollution des eaux de la planète, et considérée comme la 2e industrie la plus polluante après la pétrochimie. Il est donc plus que jamais urgent de veiller à la préservation des ressources naturelles au sein du circuit textile.
Face à l’émergence d’un système de “fast-fashion” depuis le début des années 1990, le terme de “mode circulaire” a commencé à se construire en opposition, jusqu’à trouver sa résonance dans les années 2010 dans les discours et manifestes de nombreuses personnalités de l’univers de la mode. Il répond à un problème toujours plus actuel: aujourd’hui encore, on compte 60% de vêtements supplémentaires achetés par rapport au début des années 2000. Un Français ne porte en moyenne que 30% de sa garde-robe : face à la mise en place de logiques d’hyper consommation, le concept de mode circulaire est plus nécessaire que jamais.
Un événement a néanmoins bousculé les codes et les habitudes des consommateurs et peut être perçu comme le début des réflexions autour l’amélioration de l’industrie de la mode : en 2013, l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers textiles à Dacca, Bangladesh a causé la mort de 1127 personnes. Cette tragédie a néanmoins permis une prise de conscience occidentale des conditions de fabrication de leurs vêtements de fast-fashion
Par définition, la fast fashion est linéaire : l’achat d’un vêtement est étroitement lié à sa disparition ou à sa destruction. Néanmoins, ce processus représente un impact environnemental considérable, à toutes les étapes de sa fin de vie : 70% des textiles sont jetés sans considération ou sont incinérés, représentant un coût environnemental élevé, et la création de décharges monumentales dans les pays du Sud. Ces vêtements issus de la fast-fashion sont fabriqués dans des conditions humaines, sociales et environnementales catastrophiques : ces dernières années, les scandales et “bad-buzz” autour des marques de fast-fashion ne se comptent plus, tellement la lumière a été faite sur cette industrie.
Mais de quelle circularité parle-t-on exactement ? Comment s’assurer de la circularité de nos vêtements ? Il n’existe pas une seule manière de penser la mode circulaire… mais il existe un objectif commun : s’assurer que nos vêtements ne perdent pas de leur valeur au fil du temps et de leur existence.
Le recyclage des TLC – Textiles, Linge de maison et Chaussures – est un processus compliqué où seulement 0,1% de l’ensemble des textiles collectés en Europe sont transformés en matières premières. Ce problème est dû notamment au fait que plus de 70 % de nos vêtements sont réalisés à partir de textiles mélangés à des fibres synthétiques issues du pétrole et donc non recyclables. Le recyclage reste donc un processus à améliorer et à généraliser afin d’assurer la transformation de nos vêtements en fin de vie. On peut ainsi distinguer plusieurs formes de recyclage, entre le recyclage des matières premières, mais aussi des formes de recyclage en boucle plus ouverte, c’est-à-dire utiliser ces matières premières issues de l’industrie du textile pour fabriquer d’autres objets sans lien direct avec les vêtements. Le recyclage, notamment des fibres synthétiques comme le polyester ou l’élasthanne, est un processus essentiel pour éviter la contamination irréversible des eaux et des biosphères de manière générale. Aujourd’hui, moins de 1 % des matériaux utilisés pour produire des vêtements sont recyclés en de nouveaux vêtements, ce qui représente une perte de plus de 100 milliards USD de matériaux chaque année.
Face au gaspillage textile, le vintage peut être une autre solution innovante. Il est estimé que le marché de la seconde main va doubler dans les 5 prochaines années (en moyenne 11x plus vite que celui de la fast fashion). De plus, la part du marché de la location, revente, réparation et recyclage de vêtements au sein de l’industrie mondiale de la mode passera de 3,5% aujourd’hui à 23% d’ici 2030 : cela représente une valorisation à 700 milliards de dollars. En 2020, on comptait 33 millions de nouveaux consommateurs.
Aussi appelé « surcyclage » en France, c’est le principe d’un recyclage “par le haut”, c’est-à-dire la récupération de matériaux ou de produits pour leur transformation en produits de qualité supérieure. Cette technique permet des économies d’eau, d’énergie, et ne modifie par chimiquement la matière, ce qui permet de lui donner une portée écologique que même le recyclage ne peut assurer.
Néanmoins, il existe aussi des difficultés rencontrées par certaines grandes industries face à l’upcycling : difficulté de scaler, de trouver les bons matériaux dans la bonne quantité. Des projets innovants menés par des start-ups et petites entreprises, réalisant des pièces uniques et lançant leurs productions de façon hebdomadaire, permettent aussi de réfléchir à une autre manière de penser notre consommation. C’est pour cela que l’upcycling gagne à être connu de tous : aujourd’hui selon une étude YouGov, seuls 19% des Français en auraient déjà entendu parler. Néanmoins, après rappel de sa définition, 86% des Français seraient favorables à cette pratique et prêts à acheter plus de vêtements upcyclés.
A été publié au Journal officiel, le 25 novembre dernier, l’arrêté portant cahier des charges des éco-organismes de la filière textile, linge de maison et chaussures.
La Fédération de la Mode Circulaire a organisé, le 17 avril 2023, à l’Institut Français de la Mode, la première édition de la Journée de la Mode Circulaire, sous le haut patronage de Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Ce fut l’occasion de réunir nos adhérents et plus largement les acteurs et experts engagés du secteur mode et textile.
Le 17 avril, lors de la Journée de la Mode Circulaire, placée sous le haut patronage de Bérangère Couillard, secrétaire d’État en charge de l’écologie, venez découvrir de nouvelles perspectives innovantes et durables !
A été publié au Journal officiel, le 25 novembre dernier, l’arrêté portant cahier des charges des éco-organismes de la filière textile, linge de maison et chaussures.
La Fédération de la Mode Circulaire a organisé, le 17 avril 2023, à l’Institut Français de la Mode, la première édition de la Journée de la Mode Circulaire, sous le haut patronage de Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’Écologie. Ce fut l’occasion de réunir nos adhérents et plus largement les acteurs et experts engagés du secteur mode et textile.
La Fédération de la Mode Circulaire représente les professionnels de la mode circulaire et de l’industrie du recyclage textile.
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